jeudi 7 janvier 2010

Haute cuisine et sodomie - Fantôme Punch (version stretchée, beaucoup plusse meilleure!)




Haute cuisine et sodomie - Verdure rare

9. Fantôme Punch (version stretchée)

Ça fait trois jours que je gosse après cette toune-là sans pouvoir trouver la touche finale, alors je la livre telle quelle, brute, sans retouche, et avec un petit remix one-shot.

Les fantômes ne sont pas exportables

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais les fantômes, les soi-disant grands voyants dans les enquêtes policières et les enlèvements par des extra-terrestres, c'est seulement aux États-Unis que ça se passe. Mais je pense surtout ici aux fantômes : alors que là-bas on est littéralement assailli quotidiennement par des esprits comme s'ils existaient, ici, nous n'avons aucun témoignage ou histoire de fantôme. De toute façon, je vois mal quelqu'un parler en français de fantôme, cette personne aurait l'air ridicule, alors qu'en anglais, ça parait crédible de parler de "spirits", on est confortable avec la chose, tous les films d'horreur ou de science-fiction américains, ou même les drames, en sont bourrés. Normalement, une personne qui parlerait des «esprits» de cette façon mais ici, serait candidate à l'internement, ou à un sérieux suivi psychiatrique. Notre sens des réalités, che nous, est beaucoup plus solide et concret que cette fameuse culture américaine qui divague sur n'importe quoi et transforme tout en Disneyland fantasque et abracadabrantesque.

Skinny Puppy - Death / Hilt - 950



De bons vieux souvenirs.

Rammstein - Pussy



"You have a pussy, I have a dick. So what's the problem, let's do it quick." (!) Assez tordant ce morceau! En passant, le son n'est pas super, mais c'est le mieux qu'on peut trouver sur YouTube, et on peut même se compter chanceux d'avoir au moins un vidéo, parce que la censure de Rammstein est assez rigoureuse.

La mort du symbolique

14/5/7
Je me souviens d'avoir été fasciné par les explications de Baudrillard sur les Twin Towers et l'attaque terroriste. Autant j'ai été fasciné à l'époque, au point d'acheter tous ses livres, autant aujourd'hui je trouve que c'est de la merde. Je n'ai rien à foutre des symboles, du symbolisme et du symbolique. À vrai dire, je trouve que ce sont des explications très faciles qui n'expliquent absolument rien. La pensée symbolique, c'est beau, c'est plus compliqué que la réalité, mais c'est tellement de la grosse merde. Voyons donc : expliquer un attentat terroriste par l'«échange symbolique», c'est complètement ridicule. Un vrai travail d'intellectuel en vase clos qui n'observe jamais les faits en face, mais filtre toujours tout à travers sa vision des choses, qui prime sur tout, puisque c'est la plus haute réalité, la réalité d'une tête qui ne passe pas dans le cadre de porte. C'est sa façon de nier le monde. Et ça fait de beaux livres, de la belle littérature, la preuve, je suis tombé dedans. Mais lorsque j'ai croisé des livres qui remettaient en question l'attentat et qu'on revérifiait les faits, j'ai eu un frisson dans le dos, et j'ai compris que ce que faisait Beaudrillard n'était qu'un jeu d'intellectuel assez dangereux, puisqu'il amène à ne pas tenir compte des preuves possibles d'une autre explication de l'événement qui viendrait renverser complètement notre vision de celui-ci. Finalement, l'explication par le symbolique de Beaudrillard fait aussi l'affaire du pouvoir en place, ça ressemble beaucoup à l'interprétation des rêves et c'est aussi inoffensif.

18/5/7
Comment peut-on se laisser «fasciner» par l'actualité? C'est un peu comme l'enfant qui se laisse fasciner par ses jouets. Comment peut-on avoir un vide de pensée aussi profond qu'il faille le remplir à tout instant d'«actualités»?

Le passé est aussi «mystérieux» que l'avenir, puisqu'il contient toujours des facettes non-explorées qui en changent le sens.

Il est curieux de voir que les gens s'intéressent toujours à ce qu'il y a après la mort, mais qu'ils ne s'intéressent jamais à ce qu'il y avait avant la vie, c'est-à-dire avant leur naissance. Cela confirme, je crois, que cet intérêt recèle quelque chose de plus que le simple fait de vouloir savoir : il cache une volonté de justice (ressentiment?). Personnellement, je n'ai rien vécu de spécial avant ma naissance, et cela ne me cause par vraiment d'angoisse. Je crois qu'il en sera probablement de même à ma mort. Peut-on parler de certitude?

22/5/7
Si je savais exactement pourquoi les choses m'attirent, peut-être ne m'attireraient-elles plus, ou peut-être le feraient-elles, mais d'une autre façon, à peine concevable. Peut-être aussi vaudrait-il mieux ne pas chercher d'explication aux choses qui nous passionnent le plus.

Chaque égo est constitué de plusieurs «moi» emboîtés les uns dans les autres, comme les lignes de croissance d'un arbre.

On dit que le sport forme l'«esprit d'équipe», en effet, mais pourquoi insiste-t-on sur cette forme d'esprit d'équipe? La musique jouée ensemble par plusieurs personnes ne produit-elle pas aussi une sorte d'«esprit d'équipe»? L'esprit du sport ressemble davantage à celui d'une troupe militaire, et c'est un esprit de corps, de solidarité basée sur le courage, une bonne chose, bien sûr. Cependant, l'esprit de la musique produit l'accord et non l'adversité (avec un autre groupe de personnes), et c'est pourquoi, selon moi, en raison des attroupements humains qui sont davantage politiques qu'harmoniques, c'est-à-dire cacophoniques, on insiste davantage sur le sport, qui, en plus de nourrir tous les mythes sur la santé, nous «accorde» au réflexe primal de l'adversité des corps dressés comme des machines. Ce monde basé sur la guerre a besoin de davantage de musique, et surtout, de musiciens, parce que c'est l'acte de faire de la musique qui fait une différence et non simplement de l'écouter passivement. Quand on fait de la musique, on n'écoute plus de la même façon, on «apprend» à écouter, c'est-à-dire qu'on devient capable de «discerner» ce qu'on entend, alors que dans le sport «écouter» est simplement synonyme d'«obéir».



mardi 5 janvier 2010

Mon dernier film : Blindness


Je ne vais plus au cinéma depuis que je me suis fait inonder de publicités cinq ou six fois, on finit par se tanner, et en plus, le format super-chill-extra-méga-ultra grand de l'écran (encore des imbéciles qui ont pensé à tout ça) m'empêche de saisir toute l'action en un seul coup d'oeil, ça m'énerve royalement à la longue. Bon. C'est ce que j'avais à dire là-dessus.

J'ai bien aimé ce film parce qu'il expérimente une situation limite, hautement improbable, et qu'on voit comment ce serait si ça arrivait. Je pense à Kafka sur le coup, que je n'ai jamais lu d'ailleurs (rapport?). Le film est un peu long par contre, 2 heures, donc j'ai coupé des bouts, les bouttes «emphatiques» où on comprend qu'il ne se passera rien de nouveau mais qu'on mettra seulement une emphase sur événement particulier. Je comprends qu'il était nécessaire de rendre le film plus long afin que les gens «rentrent» bien dans le film et dans la vie de ces personnes aveugles, et c'est pour cela que je n'en tiens pas compte. La fin réserve une surprise qui fait beaucoup réfléchir, et c'est ce que j'ai adoré du film, à part les scènes de sexe et de violence, et le fait que j'ai ri presque tout le long, parce que c'est assez tordant de voir le monde s'enfarger constamment, etc.

Appréciation qualitative (parce que je ne suis pas du genre à donner un score) : bon film, et qui risque de devenir encore meilleur dans mon appréciation avec le temps.

lundi 4 janvier 2010

Mes capacités vont continuer à dormir

On insiste toujours pour que je devienne professeur d'université, que je pousse plus loin, que je fasse ceci et cela, que je fasse mon doctorat, que j'utilise et développe tout mon potentiel, que j'aie un grand avenir rempli de «success», etc., et ces voeux ne sont toujours que des sortes de flatteries parce qu'on me trouve beau physiquement, ça arrive des fois. C'est aussi une sorte d'impératif moral d'utiliser toutes ses ressources, de ne pas les laisser en friche, inexploitées, en pure perte; Kant s'en gargarise lui aussi de ce beau principe tellement sensé, sain et honnête... En effet, c'est très logique tout ça, mon cher deux watts, et ça fait aussi chaud au coeur, comme c'est supposé le faire aussi... Cependant, on a oublié le mur de merde qui nous empêche de faire quoi que ce soit, et qui transforme tout en merde à son contact. Très bien.

Je vais vous dire la vérité, la crisse de vérité toute simple et plate et directe : j'en ai rien à foutre de vous ni de moi, et mes capacités vont continuer à dormir, ou mieux encore, je continuerai de m'évertuer à les détruire comme je l'ai fait toute ma vie, car je ne crois pas en ce monde, en cette maudite planète peuplée de trous du cul et d'idiots finis qui rasent tout, et j'espère faire partie du lot. Il n'y a plus rien à faire pour rien ni pour personne, tout s'en va au diable, alors, je prends du bon temps, c'est tout, je relaxe et je vous envoie chier, écologistes inclus : la voilà ma vision de la vie. Si on m'annonce demain qu'il me reste quelques jours à vivre, ça va me rendre triste, mais pas trop quand même, car je vais enfin être débarrassé de l'existence forcée avec une bande d'imbéciles. Je suis écoeuré de forcer pour les autres, de développer mes capacités pour les autres, parce qu'elles ne servent toujours finalement qu'à cela, qu'aux parasites qui ont plus d'argent que moi, et c'est vraiment tout ce qu'ils ont en plus, etc. Je ne souhaite qu'une chose : vivre ma vie tranquillement, disparaître dans l'anonymat en renonçant à avoir plus, lire le plus possible, apprendre de nouvelles choses, et écrire. Dans ces conditions, je suis heureux; je ne veux plus «pousser», c'est terminé pour moi ce piège à cons.

dimanche 3 janvier 2010

Nous devenons nous-mêmes en nous entredéchirant

7/5/7
Dieu est un principe, un verbe; une force accumulée non-stable dont on doit prendre soin.

10/5/7
L'importance pour l'homme de «fusionner» avec la femme, de ne faire qu'«un» avec elle. L'homme n'est pas conscient de cela, car il le fait naturellement, la conscience en moins.

Lorsque tous les actes, les pensées et les perceptions sont accompagnés de conscience, cela produit une différence aussi grande que celle qu'il y a entre le jour et la nuit. Boire un vin et le goûter, le déguster, n'est pas la même chose.

Les choses que nous faisons le plus naturellement du monde recèlent une profondeur insoupçonnée.

Parce que nous ne sommes pratiquement pas conscients de nos actes, nous restons en surface de nous-mêmes, de nos actes, de notre être profond.

«L'homme sans qualités» de Musil : malgré sa certaine profondeur et son style unique, il me laisse parfois un peu indifférent. Les personnages, en effet, ne semblent être que des supports d'idées. Ils n'ont aucune âme, rien ne les anime profondément. Cependant, je reprends toujours le livre, qui est très bien écrit.

La première chose à faire pour avoir une chance de comprendre la situation de l'homme, et oublions ici la politique qui ne sert toujours qu'à nous aliéner, est d'imaginer la Terre dans le système solaire, celui-ci parmi d'autres systèmes solaires, et puis finalement la galaxie, et celle-ci parmi d'autres galaxies, ainsi de suite, le tout voyageant à des vitesses de plus en plus grandes. Le super système contenant un certain nombre de galaxies, et duquel nous faisons partie, voyage à une vitesse inimaginable dans une direction inconnue. Nous sommes toujours en mouvement, rien ne peut être immobile que relativement.

C'est la nuit que l'inspiration, que les idées me viennent. Des idées «inspirées». Cependant, la plupart de mes idées me viennent le mieux lorsque je «suis» inspiré, et ce moment n'a aucun temps ni aucun lieu.

13/5/7
Si la philosophie de Jankélévitch est une «philosophie de la vie» comme me l'a dit dédaigneusement un certain philosophe, c'est alors le philosophe pour moi, car c'est ce que je veux étudier, la vie.

Je ne suis pas du monde mathématique et scientifique; en fait, le monde dans lequel je suis et celui-là s'opposent; et je suis constamment, ou plutôt j'étais, en oscillation entre ce monde et l'autre. Je suis définitivement ancré corps et âme dans le monde de la vie. J'essaie de me déconnecter de l'aspect technique du monde en me concentrant sur mon monde intérieur, qui par l'expression, l'expérience et la maturité, prend progressivement une forme claire et précise. Mon manque de culture m'afflige, et je me dépêche de lire, mais c'est une tâche infinie et le mieux est d'exprimer spontanément ce qui se trouve en soi. Les écrivains du passé n'ont pas fait autrement. C'est de cette façon qu'il faut procéder. Écouter Stendhal et ne pas attendre l'inspiration.

L'équation première c'est : aucune femme ne peut m'aimer.

J'ai pensé que les «blessures sentimentales» n'étaient qu'un prétexte pour se laisser aller ensuite à coucher avec n'importe qui, et de façon effrénée, de réaliser ses fantasmes les plus pervers pour être enfin «soi-même» : une bête assoiffée de sexe et de chair. Nous devenons nous-mêmes en nous entredéchirant.

Refuser de se laisser séduire par la beauté. Toute forme de beauté, même «morale». Est-ce possible?

samedi 2 janvier 2010

Juliette Lewis - Fantasy Bar



Elle me fait beaucoup penser à la Juliette de Natural Born Killers.

Quoi de mieux que de se lever du bon pied avec Genghis Tron



Voilà ma suggestion de musique à programmer sur sa chaîne stéréo avec volume au fond pour se réveiller le matin, ou encore, comme musique de soirée à la maison pour une première date, ça détend incroyablement l'atmosphère. Sérieusement, si vous aimez vous faire récurer les oreilles de temps à autre, c'est le groupe de choix : le chanteur est un crisse de malade et il se défonce tellement qu'il me fait rire. Nous avons ici un enregistrement vintage sur cellulaire d'un passant quelque part dans une rue des États-Unis pour cette tournée gratuite.



La finale de cette toune est excellente. Ça vous défonce bien bien les oreilles en profondeur!

L'actrice qui me fait toujours un petit quelque chose



Juliette Lewis, cette actrice à la voix un peu rauque fait maintenant de la musique, et elle est assez bonne. L'autre morceau que j'aime beaucoup c'est Terra Incognita de l'album du même nom. J'ai repensé à elle ce soir en voyant une photo d'elle avec Woody Allen dans un livre. Sa timidité et sa douceur ainsi que son côté «brisée» m'ont toujours plu, je pense à son rôle dans Kalifornia. J'ai toujours trouvé qu'elle avait beaucoup de charme, même dans Natural Born Killers, un charme mystérieux certes, mais aussi un peu tordu et triste.

Les nouvelles que j'aime


Claire Castillon, jolie demoiselle


J'ai lu les cinq premières nouvelles et j'ai accroché. Elles sont toutes bonnes, mais il y en a une qui m'a beaucoup fait rire et qui est à la fois tellement possible, la cinquième, Tolérance mille.

Le robot dit «Bonjour!»

Il m'arrive souvent de réfléchir sur l'intelligence artificielle, et à l'échec de celle-ci. Dans la même veine, je réfléchis de même aux obstacles qui bousillent la traduction automatique, ainsi qu'aux cadavres exquis qu'elle nous livre à profusion. Par exemple, le mot simple «bonjour» : je peux aller vérifier son sens dans le dictionnaire, prendre le point 1, la locution familière, et le régionalisme (point 2) où «bonjour» est aussi dit lorsqu'on prend congé d'une personne. Ces points, incluant la locution familière, forment des embranchements en quelque sorte qui feront partie du programme de notre robot à propos du mot «bonjour». Je devrai trouver les critères qui feront que le robot se dirigera vers le bon embranchement. Jusque-là, il est possible de faire certaines choses si le robot réussit la plupart du temps à trouver le sens exact d'un mot ou d'une phrase. Cependant, je lisais un livre plus tôt qui m'a rappelé la distinction sens/intention : quel grave problème pour la machine! Même si le robot arrivait à trouver le bon sens d'un mot ou d'une phrase, il resterait bien souvent l'intention à déchiffrer! La formule «Bonjour!» peut être dite de différentes façons et exprimer le dynamisme, le reproche, la lassitude, la méfiance, etc. Le ton, la vitesse d'élocution, la modulation, l'expression faciale, ou encore, un contexte inconnu de l'interlocuteur, etc., viennent charger ce simple mot «bonjour» d'une intention qui dépasse le programme de base du robot : il doit maintenant être capable de sortir du dictionnaire et d'analyser son environnement comme un être humain le ferait. Il nous arrive couramment de nous tromper nous-mêmes sur l'intention d'un mot, d'une phrase, d'un livre, d'un geste, d'une attitude, etc. Nous confondons aussi couramment «sens» et «intention» dans la vie de tous les jours, et au lieu de les séparer, nous incluons l'intention dans le sens et parlons de sens tout simplement, le sens au 1e niveau des dictionnaires, alors que l'intention est en réalité un sens au 2e niveau. De plus, je viens d'y penser, le mot, selon l'ambiance, l'état d'humeur, les lieux, etc., vient aussi prendre une charge (émotive?), une coloration particulière pour le sujet qui perçoit tout cela de façon parfois un peu confuse comme un ensemble de facteurs. Je pense ici à un groupe de personne qui échangent : une certaine tonalité domine les rapports, c'est comme dans l'«air», et on s'y sent bien ou mal, etc. Enfin, tout cela m'a fait penser à Fichte et à son livre Le caractère de l'époque actuelle (1806) où il arrive à déchiffrer les «intentions» en quelque sorte de l'époque dans laquelle nous vivons, et ce, à 200 ans de distance : tout simplement hallucinant! Mais le premier livre qui m'est venu à l'esprit à propos de cette réflexion sur le sens et  l'intention c'est Les concepts fondamentaux de la métaphysique, Monde - Finitude - Solitude (1929-30) où Heidegger analyse l'ennui en profondeur de façon intéressante et étonnante et en fait une des «tonalités fondamentales» (Grundstimmung) de notre époque, qui prend la forme, en quelque sorte, d'une «intention» de fond ou d'une «direction» générale venant façonner et teinter, entre autres, les rapports, et dont nous ne sommes que vaguement conscients, puisque nous baignons dedans quotidiennement.